News de l’atelier “EAU”

Carnet n°1

2013/2015 -2 ans pour atteindre les OMD*: le compte à rebours est lancé

783 millions de personnes n’ont pas accès à une source d’eau améliorée et 2,5 milliards de personnes n’ont pas accès à des installations sanitaires de base. Ces deux facteurs ont des conséquences désastreuses sur les conditions sanitaires des populations et causent des morts évitables: 2,2 millions de personnes meurent chaque année dans le monde de diarrhées dues à la précarité de leur environnement sanitaire, à un faible accès à l’eau, et à de mauvaises pratiques d’hygiène. De ce fait, la diarrhée est la première cause de mortalité infantile avec la pneumonie (14% des décès de moins de 5 ans) La mauvaise qualité de l’eau et des pratiques d’hygiène faibles – en particulier dues à un piètre environnement sanitaire- sont responsables de nombreuses maladies (diarrhées, Choléra, poliomyélite) et favorisent la malnutrition, en particulier infantile.

* Objectifs du millénaire pour le développement

Parce que 2.5 milliards d’habitants, soit près d’un tiers de l’humanité, n’ont pas accès à des installations sanitaires privées, saines et propres, les toilettes sont aujourd’hui un véritable privilège.

Concrètement, 1milliard de personnes sont contraintes de déféquer à l’air libre (en brousse, le long des routes ou des voies de chemin de fer, dans la rue des villes et des bidonvilles)

1,5 milliards dans des installations pas aux normes et dangereuses pour l’environnement

 Au-delà de la latrine, c’est aussi tout un système d’assainissement qui manque cruellement : pas de gestion, ni d’évacuation, pas de traitement des rejets domestiques comme les déchets ou les eaux usées. Pourtant les toilettes ne sont pas un luxe. Bien au contraire. L’assainissement est non seulement le moyen le plus efficace pour lutter contre les maladies diarrhéiques mais il permet aussi des économies 1€ investi dans des toilettes, c’est au moins 5 € d’économies de santé pour un foyer (moins d’achats de médicaments, plus de présence à l’école et au travail).

.Ainsi quatre milliards d’épisodes diarrhéiques se produisent chaque année, dont 88% sont imputables à une eau insalubre mais aussi à de mauvaises conditions d’hygiène et d’assainissement, tant à la source que durant son transport ou à domicile.

Selon une étude réalisée par l’ONU (Global Annual Assessment of Sanitation and Drinking-Water (GLAAS),seulement 42% de l’aide apportée en termes d’eau et d’assainissement parvient effectivement dans les zones où les populations en ont le plus besoin, c’est-à-dire dans les pays à plus faibles revenus.

De même, 16% seulement de cette aide est affectée aux interventions relatives aux « services de base » destinés aux plus nécessiteux, en baisse de 11% par rapport aux chiffres d’il y a cinq ans

Le 10 Novembre de chaque année l’UNESCO fête à travers le monde « la journée Mondiale de la Science » voici le message d’ouverture d’Irina BOKAVA directrice générale :

« En cette année Internationale de la coopération dans le domaine de l’eau, nous mettons l’accent sur le partage des connaissances, des données et de l’innovation en matière d’hydrologie. L’eau essentielle à la vie et au développement humain, est notre ressource la plus porteuse. La planète en dispose en quantité suffisante. Il nous appartient d’en assurer, ensemble, le partage et la gestion durable. La coopération fait jaillir les idées neuves, des solutions novatrices et de nouvelles façon de travailler… »

L’atelier « eau » poursuit des réflexions sur cette thématique et suit avec attention les progrès réalisés vers l’accès à l’eau potable à travers les rapports des organisme internationaux .Ceux-ci sont satisfaisants bien qu’en-deçà des prévisions de l’OMD, et un développement des maladies diarrhéiques demeure important.

Comment peut-on infléchir cette situation persistante, et quels sont les moyens de mise œuvre :par le traitement de l’eau à domicile au point de consommation qui permet de réduire les risques de maladies hydriques en général.

Cela ne se fait pas sans une mobilisation des sensibilités Une prise de conscience doit sortir des espaces des « experts » pour atteindre au plus près les populations, les communautés. locales.
art-107-0
Cela étant dit, préconiser telle technique ou telle méthode permettant de satisfaire la potabilité de l’eau doit de notre point de vue répondre à un questionnement précis, de nature à définir les besoins individuels et collectifs dans un environnement socio-économique donné :

  • Informer les autorités et les usagers du degré de potabilité de la ressource disponible.
  • Mettre en évidence les manquements à l’hygiène (par analyses)
  • Convaincre du mieux vivre que procure la consommation d’une eau saine. (pour la santé)
  • Etablir une procédure d’utilisation du matériel préconisé
  • Appliquer un suivi stricte d’une bonne gouvernance.

art-106-6Il s’agit là d’une procédure générale. Elle pourra être plus ou moins contraignante suivant le contexte démographique et de la concentration urbaine.

La collectivisation de la distribution d’eau avec une bonne gouvernance locale est un bon choix pour concilier accroissement des besoins et gestion de la ressource. Elle n’est envisageable qu’avec des moyens financiers conséquents.

L’accès à l’eau dans les zones rurales et isolées pose davantage la question de l’usage de l’eau et nécessite d’adapter les méthodes de traitement de la ressource centrée sur la qualité de l’eau selon les besoins réels et au coût le plus bas.

A ce niveau 3 facteurs sont à prendre en compte                      

la rapidité                      -la simplicité

                          

-l’économie

Le choléra perdure en Haïti ainsi qu’en Afrique –  Sierra-Léon,  Guinée, au Mali ,Niger et autres- Il est impératif de poursuivre et accentuer ce qui se fait sur 2 niveaux :

1) Actions « coup de poing »

Traitement de l’eau

     – Distribution de kits d’hygiène

     -Assainissement de base

   -Campagne de sensibilisation  à  l’hygiène

     -Soutien psychologique

2) La prévention :

Etude des dynamiques des épidémies passées

     -Analyse du contexte (sanitaire, culturel, socio- économique

     -Surveillance des irruptions, dépistage

     -Développer une stratégie de formation

 

Carnet n°2

Traitement de l’eau

Purification de l’eau
Devant l’extrême urgence dans laquelle se trouve l’état sanitaire de nombreux pays, nous souhaitons apporter notre pierre, en mobilisant les consciences et suggérer les solutions qui s’imposent.
Ce qui tu des centaines de personnes aujourd’hui et des milliers demain, peut-être éradiqué par des solutions simples et peu coûteuses. La base de ces solutions repose sur le traitement de l’eau au « point de consommation ». Les effets de la purification de l’eau au point de consommation a pour effet de prévenir les maladies diarrhéiques
Les résultats statistiques d’examens auprès de 53000 personnes dans 19 pays,* portant à la fois sur les analyses au point de prélèvements à la source (puits, fontaine, camion citerne) et ceux au point de consommation dans la maison, ont révélés que les interventions au niveau des ménages étaient deux fois plus efficaces dans la prévention de la diarrhée que celles effectuées à la source, et réduisait de 63% les cas de maladies liées à l’eau.
* référence Cochrane Collaboration -2006

photo_campAinsi le traitement de l’eau au domicile (au p.d.e) réduit le risque de
maladies hydriques dû à la contamination de l’eau des citernes et réseaux collectifs.
D’autre part, il ne faut pas oublier la consommation d’eau en dehors de l’habitat . Le résultat des études* sur le terrain montre que dans les zones rurales, la fréquence de cette consommation en dehors du domicile est de 97% pour un volume de 260 mml( en moyenne 2 verres) que la source de prélèvement est à 31% dans les rivières et de 41% dans des trous de forage.
* relevés effectués en zones rurales au Kenya -2006

Une étude publiée par l’UNICEF en janvier 2008 montre que le traitement de l’eau au niveau du ménage est le moyen le plus efficace et le plus rentable pour prévenir des maladies hydriques dans des contextes de développement et d’urgence. Le TED est, à prix égal, deux fois plus efficace que les autres solutions envisagées (réseau d’eau, puits améliorés).

Méthodes

Dans le cadre des critères définis dans un carnet précédent à savoir : obtenir une eau de qualité selon les besoins réels au coût le plus bas :

• Rapidité
• Simplicité    • Economie
Nous résumons les principales méthodes usuelles pratiquées.

L’ébullition de l’eau

Porter l’eau à ébullition (100°c) pendant 4 minutes minimum détruit les micro-organismes  Cette méthode très usitée surtout dans les zones rurales garantie une eau propre.

Elle constitue néanmoins un faisceau d’inconvénients qu’il faut rappeler ici :

• Comme pour toutes les méthodes de traitement, il faut contrôler la turbidité de l’eau avant de la faire bouillir.

• Il faut 1kg d e bois par litre d’eau

• La corvée de bois incombe le plus souvent aux femmes et aux enfants.

• Elle est participe à la déforestation locale.

• L’achat de charbon de bois est onéreux

• L’inhalation de fumée participe à des maladies respiratoires.

• Le risque de re -contamination de l’eau une lors du transvasement pour les usages n’est pas nul.

La chloration de l’eau

Le traitement le plus connu pour désinfecter l’eau est la « chloration ». Il consiste à introduire dans l’eau préalablement filtrée, des produits chlorés sous forme de,( pastille, javel, chlore actif, etc…pour tuer les micro-organismes qu’elle contient. Pour un coût faible, l’eau peut-être bue 30 minutes. après traitement.Elle reste potable pendant quelques heures ou jours (en fonction des conditions de stockage) grâce à l’effet rémanent du chlore.Le traitement de l’eau par chloration permet d’éliminer de façon simple et à faible coût la plupart des microbes, bacteries, virus et germes responsables de maladies comme la dysenterie, la typhoïde et le choléra. Il ne peut toutefois détruire certains microorganismes parasites pathogènes. La chloration désinfecte donc l’eau mais ne la purifie pas entièrement.

Il existe différents produits chlorés pouvant être utilisés pour le traitement de l’eau. La démarche à suivre varie légèrement d’un produit à l’autre. Voici quelques exemples de produits utilisés:

Pastilles ou granulés d’hypochlorite de calcium.
C’est souvent ce type de produit qui est l’un des mieux adaptés en milieu rural.Il se conserve pendant de nombreuses années.

Pastille_chloreUne solution liquide, de type Waterguard (Sûr’eau)
est une solution de chlore liquide vendue sous différentes formes par une société américaine. Si l’eau est claire, on verse le contenu d’un bouchon du produit par bidon de 20 litres d’eau, puis on laisse reposer trente minutes dans le récipient fermé.

l’eau de Javel (hypochlorite de sodium)
L’eau de Javel n’a pas été conçue à l’origine pour traiter de l’eau et son utilisation dans ce but présente donc de petits risques. C’est néanmoins un produit simple et efficace que les villageois connaissent bien pour d’autres usages (lessive, désinfection…).

Il existe un procédé récent (2009), simple et peu onéreux permettant de fabriquer soi-même localement, soit à usage d’une famille, d’un centre communautaire ou d’un dispensaire une solution d’hypochlorite.

wata

La Fondation suisse Antenna Technologies a en effet mis au point le WATA, petit appareil fonctionnant sur le principe de l’électrolyse qui, à partir d’eau claire, de sel et d’électricité (même une batterie de voiture ou solaire suffit) transforme le sel dissout de chlorure de sodium en hypochlorite.
Un tel appareil peut, pour son plus petit modèle, produire un litre d’hypochlorite à l’heure, soit traiter 4000 litres d’eau/jour, ce qui peut suffire pour 150 à 200 personnes, au prix d’environ 45 €.

Voir plus de détails et gamme WATA:
http://www.youtube.com/watch?v=dk4N…
http://www.antenna.ch/recherche/eau-potable/wata-description
http://www.wikiwater.fr/e18-le-traitement-de-l-eau-par.html

La désinfection solaire

C’est le moyen le plus simple et le plus économique pour désinfecter l’eau en petites quantités en exposant au soleil des sacs ou des bouteilles d’eau transparentes en plastique.

Copie_de_solaire_thumbDans l’antiquité, certaines personnes en Inde avaient déjà pris l’habitude de mieux orienter l’eau par rapport au soleil après avoir constaté qu’elle était de meilleure qualité, mais sans l’expliquer et sans le faire connaître.
L’idée en avait été reprise dans une publication de l’UNICEF en 1984, puis dans les années 1990 par des chercheurs de l’université américaine de Beyrouth et d’autres organismes, Canadien (CRDI) et Suisse (EAWAG, puis SODIS) pour réaliser de nombreux tests et expériences de laboratoire afin de comprendre précisément ce phénomène de désinfection de l’eau par irradiation solaire et surtout pour en mesurer et en prouver l’efficacité.

Connu sous le nom de SODIS (SOlar water DISinfection), département d’un Centre de recherche Suisse sur les eaux (EAWAG) qui l’a finalement mis au point et diffusé dans 20 pays en y organisant des actions de sensibilisation de la population à l’hygiène et à la santé où il est utilisé par environ 2 millions d’usagers.

enfants_sodisEn exposant des bouteilles d’eau transparentes en plastique en plein soleil pendant au moins 6 heures, l’effet combiné des rayons solaires ultraviolets UV-A et de l’élévation de température au-delà de 45° détruit les agents pathogènes (microbes, bactéries, parasitesGiardia et cryptosporidia- ou microorganismes susceptibles de provoquer des maladies et notamment de fortes diarrhées) et rend ainsi l’eau potable.

La lumière solaire est en effet composée de plusieurs éléments de longueurs d’onde différentes (le spectre), dont les rayons ultraviolets ( longueurs d’onde comprises entre 315 et 400 nanomètres) sont ceux qui sont les plus efficaces pour détruire les éléments pathogènes.

spectre_uv_gifLa désinfection par rayonnement ultraviolet et une autre méthode qui mérite toute notre attention.

Quant un micro-organisme est exposé à un rayonnement ultra-violet le noyau de la cellule est atteint, et la duplication de l’ADN est stoppée. Les organismes pathogènes sont donc inactivés ou détruits.
5% de l’énergie du soleil est émise sous forme de rayonnement UV-dont seulement 95% atteint la surface de la terre Ce sont les rayons UV-A de longueurs d’onde entre 400/315 nm qui opèrent une réduction des micro-organismes.
Bien que cette énergie soit intermittente en fonction de l’ensoleillement, la méthode SODIS* se prête parfaitement au traitement de l’eau au point de consommation chez les particuliers.

BouteillesDes bouteilles en plastique transparent léger appelé P.E.T (polyéthylène téréphtalate) de 1,5 litre sont remplies d’eau et exposées au soleil pendant six heures (le double par temps couvert). L’effet combiné des rayons ultraviolets solaire UV-A et de l’élévation de la température au-delà de 45° inactive les agents pathogènes ou micro organismes présents dans l’eau et susceptibles de provoquer des maladies.       *(SOlar water DISinfection)Photo SODIS .Tout le monde peut utiliser cette technique dans n’importe quel endroit suffisamment ensoleillé. Elle est utilisée par 20 pays les plus ensoleillés situés entre les latitudes 15°N/S et 35°N/S..

carte_zone_chaude

art-16-1
Notez que la chloration peut être complémentaire de la méthode SODIS en cas de déficit d’ensoleillement.Pour en savoir plus:- SODIS : Documentation détaillée et illustrée de la Méthode de la société suisse SODIS :


http://www.sodis.ch/methode/index_FR
http://www.journalducameroun.com/ar…
http://www.wikiwater.fr/e19-le-traitement-par-exposition.html

Prévention

La connaissance d’une méthode si simple soit-elle ne conduit pas immédiatement à son application
Le processus qui mène à un changement de comportement est très complexe.La population doit tout d’abord être consciente qu’une eau contaminée est porteuse des maladies. Une formation continue est nécessaire afin de motiver les personnes concernées à traiter au quotidien leur eau de consommation.Au premier plan il y a les personnalités respectées de la région (chef du village, doyen, enseignant, religieux…)leur implication dans un projet par leur attitude positive sera une bonne garantie d’un changement de comportement de la population à long terme.
La mise au point d’un aide-mémoire sur les méthodes , ainsi que des tracts et affichettes seront également des outils utiles.A ce stade de notre réflexion, nous pouvons mieux visualiser les niveaux ou notre compétence et nos moyens peuvent être mis en mouvement.Nous constatons que la question des moyens financiers si souvent mis en avant ,n’est pas au premier plan. Les méthodes préconisées nécessitent un engagement par la « présence » sur le terrain, seul moyen de mettre en œuvre efficacement une coopération capable de faire face aux situations d’urgences et de préventions.Elle nous éclaire également sur la nature des « moyens » que nous sommes en mesure de pouvoir partager.
Nous démontre que la coopération dans le domaine de l’accès à une eau saine, la construction de latrines, la sensibilisation aux bonnes pratiques d’hygiène, entre dans le cadre de la prévention.Voir pages “Outils pédagogiques”

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Photos SODIS